
Le Cancer est une maladie provoquée par une cellule initialement normale dont le programme se dérègle et la transforme.
La cellule transformée, ou cancéreuse, est dite anormale et se caractérise par sa multiplication rapide ainsi que son insensibilité aux signaux qui devraient entrainer sa mort.
La cellule cancéreuse se multiple et produit ainsi des cellules anormales qui prolifèrent de façon anarchique et excessive.
Ces cellules déréglées finissent par former une masse qu’on appelle tumeurs malignes (ou tumeurs cancéreuses).
Les cellules cancéreuses continuent ensuite de se multiplier de façon anarchique et finissent par envahir l’organe dont elles sont issues. Elles peuvent aussi se détacher de cette tumeur, voyager dans le sang et former des métastases au niveau d’autres organes.
La gravité du cancer est surtout due aux dommages causés par ces métastases qui finissent par détourner toute la machinerie de l’organisme au profit de leur propre croissance.
Un cancer n’est pas lié à une cause unique. Son développement résulte d’un ensemble de facteurs susceptibles d’interagir entre eux. Certains de ces facteurs peuvent être internes (âge, histoire familiale) ou externes (environnement et mode de vie). Chez certaines personnes, il peut également exister une « prédisposition génétique » au cancer. (Mon réseau cancer du sein)
Environ 3 millions de personnes sont ou ont été atteintes par un cancer en France.
En Guadeloupe, la mortalité par cancer est significativement inférieure à celle de la France hexagonale, aussi bien chez les hommes que chez les femmes : les indices comparatifs de mortalité (ICM) indiquent une sous-mortalité par rapport au niveau national de –21 % chez les hommes et de –15 % chez les femmes.
De manière générale, les régions de l’Outremer (Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion) font partie des régions de France les moins touchées par la mortalité par cancer. (ORSAG)
Il est important chez ces patients de maintenir une santé optimale et de minimiser les effets délétères du cancer et de ses traitements (fatigue, surpoids, stress, anxiété, déconditionnement physique et inactivité physique).
Plusieurs essais thérapeutiques et méta-analyses montrent l’effet bénéfique de l’activité physique régulière, pendant et/ou après les traitements du cancer sur la survie des patients, d’une part mais aussi sur la qualité de vie après le cancer.
Plusieurs travaux ont démontré que le niveau d’activité physique démarré après le diagnostic de cancer diminue significativement la mortalité par cancer et le nombre de récidives du cancer du sein et du colon.
L’activité physique, longtemps considérée comme accessoire
Petit retour historique. Avant les années 1980, l’activité physique ne suscitait aucun intérêt de la part des professionnels en charge des cancers en France. Priorité était donnée aux traitements : chirurgies, radiothérapies et chimiothérapies – le reste était accessoire. Et ceci à juste titre, au regard des progrès qui avaient été réalisés dans le domaine.
Des hôpitaux spécialisés ont été créés dans les plus grandes villes, les Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC), pour répondre au flux croissant de patients dépistés de plus en plus précocement, et pour installer les plateaux techniques dans des locaux appropriés.
Entre 1980 et 2000, des équipes ont lancé les premières recherches cliniques, notamment au Canada et aux États-Unis. Un essai prospectif publié en 1999 par un scientifique américain a montré par exemple une amélioration de la qualité de vie de 27 patientes traitées par chimiothérapie pour un cancer du sein, grâce à un programme d’activité physique de huit semaines réalisées à domicile.
Des premières études dans le cancer du sein surtout
La plupart des études disponibles durant cette période était des études pilotes, avec de nombreuses limites méthodologiques. On y trouvait une prédominance du cancer du sein – la tentation étant grande, alors, d’extrapoler les résultats à tous les cancers. Les activités physiques analysées étaient très différentes les unes des autres. Et elles étaient amorcées à des moments différents de la prise en charge du patient : juste après l’annonce du diagnostic, avant le début du traitement, après le traitement.
Une revue de la littérature scientifique publiée en 1999 confirme cependant l’impact significatif de l’exercice physique sur la qualité de vie liée à la santé pour les patients. À l’époque, l’activité physique avait pour objectif d’améliorer la qualité de vie mais aussi l’estime de soi, mise à mal par des traitements agressifs faisant perdre des cheveux notamment.
Prendre du plaisir à faire du sport était l’essentiel. On laissait donc le choix de la pratique au patient, dans l’idée qu’il reprenne confiance en lui et rompe avec l’isolement. Cette pratique se faisait essentiellement à domicile, encouragée par des professionnels de santé et quelques oncologues pionniers. Les messages de santé étaient assez basiques. Qualifiés d’hygiéno-diététiques, ils pourraient se résumer aujourd’hui par la phrase : « il faut bouger plus avec un cancer ».
Le programme GAC
Notre fédération EPGV pionnière dans le Concept du Sport Santé a bien compris que ce public parmi tant d’autres nécessitait une approche particulière et Le programme Gym’Après Cancer (Après le diagnostic du Cancer) a été conçu comme une passerelle vers la pratique régulière au sein d’un club sportif. La démarche pédagogique est orientée vers l’autonomie de la personne et repose sur l’implication et la régularité : l’engagement des participants est essentiel pour atteindre les effets bénéfiques et pour conforter l’estime de soi.
Vidéo sur le programme Gym Cancer : https://youtu.be/XAeZp9hc8e4


Pour Qui ?
Pour les malades atteints de cancer, en traitement ou en rémission, hommes et femmes, quel que soit l’âge et le type de cancer et surtout quel que soit le niveau d’activité physique. Sous condition d’un certificat de non contre-indication à la pratique d’une activité physique.
Deux profils
La personne qui n’a jamais pratiqué une activité physique auparavant ou ne se sent pas capable ou trop fatiguée. L’activité physique est le seul traitement indiqué pour lutter contre la fatigue chronique induite par la maladie et surtout les traitements (chimiothérapie, hormonothérapie principalement). Gym’Après Cancer propose de découvrir ses capacités ainsi que le plaisir de bouger et de faire des rencontres.
La personne qui a été sportive auparavant mais a peur de reprendre une activité physique sentant que ses capacités physiques se sont détériorées. Gym’Après Cancer est un programme ‘passerelle’ qui vise l’amélioration de la condition physique dans le but de retrouver ensuite une pratique sportive autonome et en toute sécurité. Le programme propose de retrouver les sensations du corps en mouvement.

Comment ?
Gym’Après Cancer se déroule sur l’année sportive, de septembre à juillet, à raison de 1 à 3 séances par semaine (conformément aux recommandations internationales) :
2 séances en salle de type condition physique avec un échauffement, un corps de séance pouvant allier du renforcement musculaire, du travail cardio-respiratoire, de l’équilibre, de la souplesse, de la mémoire, de la communication et coordination motrice et pour finir chaque séance, un retour au calme avec des étirements et de la relaxation ;
1 séance en extérieur de type marche collective (sur terre ou en mer) où sont travaillées les notions de respiration, d’attitude de marche, d’allure et d’intensité ainsi que de gestion de l’effort.
Tous ces contenus sont abordés au travers d’une approche sensorielle du corps et pour chacun de ces contenus, une progression est prévue par cycle sachant qu’ils sont adaptés en fonction de chaque participant.
Par le choix des activités, la progressivité des contenus élaborés, la différenciation des modalités de mise en œuvre, la formation de ses animateurs, le programme Gym’Après Cancer accompagne les personnes aux différents stades de la maladie. En leur permettant d’acquérir une connaissance fine de leur corps, on favorise l’amélioration de la santé psychologique, des relations sociales et de la valeur physique perçue. Reposant sur une pratique conviviale dans le cadre associatif, il réduit l’isolement et favorise l’insertion sociale en offrant les perspectives d’une pratique d’activité physique autonome.
4 thématiques sont explorées durant l’année :
La motricité générale (équilibre et habiletés motrices) car les personnes adressées sont souvent inactives et peu sportives à leur arrivée,
L’aptitude cardio-respiratoire face au manque d’activité et à la fatigue des participants accrus par la maladie et les traitements,
La force musculaire pour améliorer les gestes de la vie quotidienne et parfois faire face à une chirurgie mutilante,
L’approche sensorielle du corps (souplesse et communication motrice) pour des personnes en rupture avec celui-ci.
Outre ces séances, la découverte et l’initiation à des activités variées (en fonction des partenariats sportifs locaux ou fédéraux : natation, randonnée pédestre, yoga, pilates, marche nordique…) est l’occasion de s’orienter vers des pratiques complémentaires pouvant prendre la suite du programme.
Une planification hebdomadaire
La planification des séances hebdomadaires (2 x 20 min de travail cardio, 2 x 20 min de renforcement musculaire et des étirements après chaque séance) répond aux recommandations scientifiques en termes de quantité de pratique physique pour la population générale mais également pour les malades en rémission.
Celles-ci recommandent d’associer une activité aérobie de 20 min à intensité élevée (7-8 sur une échelle subjective de 10) au moins trois fois par semaine, à une activité contre résistance deux fois par semaine, 20 minutes et des étirements trois fois par semaine. Toutefois, prévoir une 3ème séance cardio se ferait au détriment d’autres formes de travail, qui nous paraissent indispensables : l’équilibre, la coordination, la mémoire, la relaxation. Ainsi, nous proposons aux participants de pratiquer une séance en autonomie (seul ou à plusieurs) d’au moins 30 minutes à intensité modérée (5-6 /10) pour respecter les recommandations.
En outre, cette séance en autonomie s’inscrit dans la perspective d’une prise en charge individuelle par la construction d’un habitus de vie active à la sortie du programme.
Pour quels effets ?
Après un cancer du sein
Les données récemment publiées portant sur l’impact de l’activité physique dans six cohortes de femmes porteuses d’un cancer du sein localisé et non évolutif, femmes suivies sur plusieurs années après la fin du traitement, révèlent une association entre l’activité physique démarrée après le traitement du cancer et une diminution du risque relatif de décès par cancer du sein mais aussi lié à d’autres causes.
Une activité physique de 2 à 3 heures par semaine d’intensité modérée est associée à une réduction de près de 40% du risque relatif de décès par cancer du sein. Le bénéfice en termes de survie globale à 5 et à 10 ans est alors de 4 à 6 %. Ce gain de survie en cas de pratique de l’activité physique au décours des soins pour cancer du sein existe en analyse multivariée intégrant les facteurs pronostiques classiques tels que l’âge, le stade tumoral, la présence de récepteurs hormonaux, le lieu de résidence, l’alcoolisme ou le tabagisme, l’Indice de Masse Corporel, le statut hormonal de la personne et de la tumeur.
Après un cancer colique
Les données récemment publiées de six cohortes de patients porteurs de cancer coliques non métastasés et contrôlés avec un suivi portant sur l’évolution et la pratique d’une activité physique après les traitements, retrouvent une corrélation entre suivi global et spécifique et la réalisation d’une activité physique modérée à intense.
Une activité physique de 3 à 4 h par semaine d’intensité modérée est associée à une réduction de près de 40 % du risque relatif de décès par cancer du côlon mais aussi lié à d’autres causes.
Autres effets bénéfiques
Le rôle bénéfique de l’activité physique sur la fatigue et la qualité de vie a été démontré chez les patients atteints de cancer, pendant ou après les traitements, dans plusieurs essais thérapeutiques et méta-analyses avec un haut niveau de preuves.
La fatigue
Elle touche environ 80 % des patients tout au long de la prise en charge d’un cancer. Elle peut apparaitre dès le début de la maladie (50% des cas) et durer (chez presque 30 % des patients) plusieurs mois voire années après la fin des traitements, alors que la maladie est considérée en rémission complète. Ce symptôme retentit sur la qualité de vie et conduit à un cercle vicieux d’auto-aggravation.

Ses causes sont multiples. Cependant, à distance des traitements, une des causes les plus fréquentes de fatigue correspond au déconditionnement physique pouvant survenir dès le début de prise en charge et durer très longtemps après la fin des traitements. Ce déconditionnement est favorisé par les traitements, la prise de poids, la perte de masse musculaire, la douleur, voire parfois par l ‘attitude surprotectrice de l’entourage.
Le traitement de la fatigue passe en priorité par la recherche d’une cause pouvant bénéficier d’un traitement spécifique (préventif ou curatif : douleur, dénutrition, correction d’une anémie, dépression…). Depuis une dizaine d’années, de nombreux travaux ont montré avec un très haut niveau de preuves (plusieurs méta-analyses d’essais randomisés) que la pratique d’une activité physique régulière permettait de diminuer le niveau de fatigue d’environ 25 à 30 % et, hormis la correction de l’anémie, l’activité physique est le seul traitement qui a montré une telle efficacité.
La qualité de vie
Comme pour la fatigue, depuis une dizaine d’années, de nombreux travaux ont montré avec un très haut niveau de preuves (plusieurs méta-analyses d’essais randomisés) que la pratique d’une activité physique régulière permettait d’augmenter la qualité de vie, et ceci dans toutes ses composantes.
D’autres effets de l’activité physique sont aussi suggérés dans plusieurs études, mais ils nécessitent encore des études randomisées portant sur des échantillons de grande taille pour obtenir un haut niveau de preuves : amélioration de la condition physique (capacités aérobies, force musculaire des membres supérieurs et inférieurs), diminution de la masse grasse et gain de masse musculaire. Les données actuelles mettent en exergue le rôle de l’activité physique pendant et après le traitement d’un cancer. Son rôle apparaît de plus en plus important dans la prise en charge des patients pendant et après cancer.
Réduire la fatigue, la douleur, l’anxiété
À partir des années 2000, l’activité physique devient un « soin de support » à part entière. C’est-à-dire qu’elle entre dans « les soins et soutiens nécessaires aux personnes malades tout au long de la maladie ». Les recommandations officielles indiquent de la débuter le plus tôt possible après l’annonce du cancer au patient.
L’activité physique adaptée est devenu un « soin de support » à part entière dans le traitement du cancer.
L’ambition est triple. D’abord, réduire les symptômes induits par les traitements et le cancer lui-même comme la fatigue, la douleur, l’anxiété, la dépression, les nausées, les troubles du sommeil, les lymphœdèmes (gonflement lié à une mauvaise circulation de la lymphe) et les neuropathies (affection des nerfs). Ensuite, améliorer l’état général, la condition physique et la composition corporelle – c’est-à-dire favoriser la prise de masse musculaire au détriment de la masse graisseuse, en particulier abdominale. Enfin, prévenir le déconditionnement physique, c’est-à-dire le cercle vicieux conduisant à l’inactivité physique avec toutes ses répercussions physiologiques (atrophie musculaire par exemple) et psychologiques (perte de confiance en ses capacités physiques). Ce déconditionnement est un facteur de mauvais pronostic, de moindre efficacité des traitements et de mortalité plus élevée.
Agir sur l’immunité, le métabolisme, l’inflammation et la neuropsychologie
L’idée de fond est de ralentir la progression de la tumeur et de contribuer à éviter une récidive en sollicitant de manière ciblée les fonctions immunitaires, métaboliques, inflammatoires et neuropsychologiques de l’individu par une activité physique ciblée. Des progrès scientifiques et cliniques restent à faire pour comprendre les mécanismes en jeu et proposer le meilleur programme à chaque patient, en fonction de sa tumeur et de son mode de vie.
Les espoirs de pouvoir agir un jour sur la tumeur par l’activité physique ne sont pas totalement infondés. Mais pour l’heure, ce qui est prouvé est qu’une activité physique suffisamment régulière et bien dosée permet d’améliorer la qualité de vie du patient, d’améliorer son état général de santé, de réduire les effets secondaires des traitements et de renforcer les effets de certains. C’est déjà beaucoup.
Dernières recommandations

Les partenaires de cette action Sport Santé Cancer
- Le CODEP EPGV 971 (Comité Sport Santé EPGV)
- La Ligue contre le Cancer
- Karukera-Onco Réseau Régional de Cancérologie
- Les 3C Centre de Coordination en Cancérologie
- L’Agwadec Association guadeloupéenne pour le dépistage des cancers
Le dernier Plan Cancer


N’hésitez pas à contacter le secrétariat du CODEP EPGV 971, si vous souhaitez vous remettre à l’APSA.
Vous aurez les coordonnées de l’animateur(trice) proche de chez vous.
Tél : 0690 63 58 66/0690 37 15 07.
Site Internet : https://codepepgv-guadeloupe-36.webself.net/
Facebook et Instagram : Codep Epgv Guadeloupe
Tous les mois, je vous proposerais des exercices afin de vous aider à prendre soin de votre Santé. Ceux-ci seront ludique, adaptés à vos aptitudes et à refaire autant de fois que vous le pouvez.
Sabrine GATIBELZA
Educatrice sportive tous publics
GYM EN NOU
Conseillère Référente Territoriale
CODEP EPGV 971


Sources
https://vitafede.ffepgv.fr/programme/univers-sante/cancer#/
(*) Activité physique et cancer du sein et du côlon : l’activité physique basée sur les preuves scientifiques. M. Duclos, 10.1016/j.scispo.2009.09.003

Source : Madame Sabrine GATIBELZA


